La phyto-aromathéapie ne peut-être synonyme de médecine douce. Exception faîte des plantes toxiques, les plantes les plus courantes (voire banales) peuvent provoquer des réactions secondaires plus ou moins importantes : vertiges, nausées, vomissements, céphalées, syncopes. Le Tilleul par exemple, que nous connaissons bien en tisane peut provoquer de l'eczéma par contact direct.

Certaines plantes peuvent aussi provoquer des phénomènes allergiques; c'est le cas notamment de l'eucalyptus qui peut induire des crises d'asthme.

Il existe également des réactions à long terme induites par l'ingestion régulière et prolongée de posologie faibles de plantes réputées non- dangereuses. Je pense au cas de cirrhose hépatique observée à l'hôpital de Lima au Pérou suite à l'ingestion répétée d'infusion contre la toux.

Ces effets secondaires généralement imprévisibles peuvent survenir à des doses variables et dépendent de chaque individu. Ce qui, comme le mentionne George Duhamel, nous amène à considérer tout traitement comme une application et une expérimentation. 

Il faut être prudent, les huiles essentielles peuvent être des produits très dangereux!

 

EFFETS INDÉSIRABLES POSSIBLES

Il faut savoir que la majorité des allergies viennent soit du fait que les huiles essentielles sont de mauvaise qualité soit que les dosages et/ ou posologie ne sont pas respectées. 

 

ALLERGISANTS

Les lactones sesquiterpéniques provoquent des allergies cutanées étendues, on les retrouvent notamment dans l'H.E de Cryptocarya massoïa ou celle de Cinamomum zeylanicum (cannelle).

Les hydropéroxydes terpéniques qui se forment pendant le stockage des H.E riches en monoterpènes.

 

DERMOCAUSTIQUE

La dermocausticité est relative car elle dépend de la sensibilité de la peau, de la synergie et de la dilution avec des huiles végétales le cas échéant.

Il est prudent de toujours pratiquer un test, une à deux gouttes d'H.E sur la face interne du poignet, attendre 5 à 15 mn et observer si il y a une réaction.

Si il y en a une appliquer de l'huile végétale d'olive biologique par exemple.

Allium cepa, Allium sativum, Brassica nigra, Cinnamomum cassia, Cinnamomum verum eugenoliferum, Corydothymus capitatus, Ocimum gratissimum thymoliferum, Origanum compactum, Origanum heracleoticum carvacroliferum, Satureja montana, Thymus satureioide borneol-carvacroliferum, Thymus serpyllum, Thymus vulgaris thymoliferum, Trachyspermum ammi.

VÉSICANT et NÉCROSANT

L'isothiocynate d'allyle (allysévenol) présent dans l'huile essentielle de Brassica nigra provoque des brûlures de la peau avec apparition de vésicule. En dose importante, cela peut nécroser le tissu cutané.​

 

PHOTOSENSIBILISANT

Les furocoumarines et les pyrocoumarines peuvent provoquer des réactions érythémateuses avec parfois formation de phycltène.

La photosensibilisation est susceptible de favoriser des rougeurs cutanées, une hyperpigmentation, carcinogénèse. Il est donc important de bien vérifier la teneur de ces 2 familles chimiques dans les mélanges que nous utilisons par voie percutanée (en externe sur la peau) mais aussi per os (en interne) même si le risque est bien plus faible.

De manière générale, les essences de Citrus sont photosensibilisantes.

 

Recommandation : Si vous appliquez du Citrus aurantifolia (Limetier), Citrus aurantium sep aurantium ze. (Zeste d'orange amer), Citrus aurantium ssp. aurantium fe. ( Petit grain bigarade), Citrus aurantium sep aurantium fl. (Néroli Bigarade), Citrus aurantium ssp bergamia z.(Zeste de bergamote), Citrus aurantium ssp bergamia fe. (Petit grain bergamote), Citrus hystrix z. ( Zeste de combava),  Citrus latifolia (Zeste de lime de Perse), Citrus limetta (Zeste de lime douce), Citrus limon (Citron), Citrus paradisii (Pamplemousse) ou du Citrus reticulata var.Mandarine z. (Zeste de mandarine ), Pittospermum undulatum sur votre peau, évitez de vous mettre au soleil.

 
 
 

 

NEUROTOXIQUE

Les cétones sont les composants à l'action la plus agressive sur les tissu nerveux mais il y a également les dioxydes et certains éther-oxydes  comme l'ascaride et l'apiol.

Liste d'huile essentielle qui présentent des cétones ou des éther-oxydes.

Abies alba, Achillea (ligustica, milleofollium, moschata), Acorus calamus, Agothosma (betulina, crenulata), Anethum graveolens, Artemisia (absinthium thujonifera, cetonifera, herba-alba davanonifera, pallens), Ruta graveolens, Salvia officinalis

Boldea fragrans, Brassica nigra, Calamintha (nepeta, sylvativa), Carum Carvi, Cedrus (atlantica, deodora), Chenopodium (ambrosoïde var anthelminthicum), Petroselinum sativum apioliferum

 

NÉPHROTOXIQUE

La famille de monoterpènes semblerait comporter des risques néphrotoxiques.

Les huiles essentielles qui ont cette contre-indication sont : Juniperus communis var.communis  (Genévrier commun ram.fl.) et Amyris balsamifera (Bois de santal) prise per os soit en interne.

 

 

HÉPATOTOXIQUE

Les huiles essentielles riches en phénol dans les traitements à long terme sont dangereux pour les hématocrites. Les pyrocoumarines sont également hépatotoxiques.

On note notamment que l'huile essentielle de Foeniculum vulgaire (fenouil) induit une altération de la couleur des tissus hépatiques sur de longue périodes.

 

 

LES CAUSES POSSIBLES

 

Outre une mauvaise utilisation des H.E par méconnaissance ou négligence, Il y a de nombreux facteurs qui peuvent favoriser des réactions indésirables. Les facteurs extérieurs, comme le soleil qui induit des réactions de photosensibilisation ou de brûlure suite à l'application d'H.E riche en furocoumarines et les facteurs individuels. 

Lors d'une expérimentation avec des étudiantes sur les propriétés psycho-émotionnelles des H.E nous avons observé que l'application d'une goutte de Clou de girofle sur la plante des pieds matin et soir pendant 1 semaine déclenchait de puissantes crises d'eczéma à celles qui en avait souffert dans le passé. Il semble que le Clou de girofle ravive cette mémoire et lui permet de s'exprimer. Personne n'a voulu poursuivre l'expérience pour savoir si le Clou de girofle fait sortir quelque chose de latent ou si c'est l'association de l'huile essentielle a ce terrain spécifique qui génère l'eczéma. 

J'ai également lu à plusieurs reprises qu'une réaction cutanée peut être la résultante de la présence trop importante du Candida Albican, le champignon étant attaqué par les huiles essentielles il chercherait un moyen de s'échapper et sortirait par la peau créant des démangeaisons, desquamations, etc. Si vous avez pris les précautions de base et que vous observez des réactions cutanées importantes il pourrait être judicieux de vérifier si sa prolifération est normale ou excessive.

Les antécédents de santé jouent un rôle important, il faut les connaître pour s'assurer d'une utilisation sécuritaire. Par exemple, pour des problèmes menstruels ou de préménopause on utilisera souvent dans une synergie, Salvia sclarea (Sauge sclarée) cependant de part ses propriétés Oestrogen-like elle est déconseillée pour toutes personnes ayant  ou ayant eu un cancer, cancer du sein, des ovaires, etc. Si vous ne connaissez pas les antécédents de santé vous pourriez faire de graves erreurs.

L'utilisation de médicaments est aussi un facteur qui peut induire des problématiques. En formation on site souvent l'exemple des huiles essentielles riches en coumarine, anticoagulante majeure qu'il ne faut surtout pas utiliser simultanément avec des médicaments anti-coagulants comme les coumadins. L'idée de remplacer des médicaments prescrits par le médecin par des huiles essentielles ne peut se concrétiser que si le/la médecin y est favorable et que vous travaillez en étroite collaboration avec lui/elle.

Ce dernier point est vraiment important car même si vous êtes formés en aromathérapie vous ne l'êtes peut-être pas en médecine ni en pharmacologie et vous ne pourrez pas avoir conscience/connaissance de l'effet parfois très complexe des médicaments que vous prenez et encore moins de leur interaction avec des huiles essentielles.

En santé il vaut toujours mieux demander que faire des erreurs car elles peuvent être fatales.

 

L'aromathérapie n'est pas un "remède de grand-mère". C'est une thérapeutique puissante et potentiellement dangereuse si elle est mal employée par une méconnaissance des mécanismes d'action des huiles essentielles et leurs propriétés biochimiques.

Il est de la responsabilité de chaque utilisateur des huiles essentielles de bien s'informer auprès d'aromathérapeute, aromatologue, pharmaciens et médecins, afin d'éviter d'éventuels effets secondaires.

Une erreur faîte par un seul utilisateur d'huile essentielle peut avoir de lourde conséquence pour nous tous qui pratiquons l'aromathérapie professionnelle ou occasionnelle.

Il suffit d'un problème grave avec une huile essentielle pour qu'elle soit retirée du marché et interdite à la vente.  

J'insiste un peu ... il faut être prudent et bien informé voir ... formé!

 

« Tout est poison, rien est poison, c’est la dose et la répétition qui font le poison » –  inspirée de Paracelse

IMPORTANT

Je ne suis ni médecin, ni pharmacienne. Je suis phyto-aromathérapeute, massothérapeute et naturothérapeute. L’information à caractère médical fournie sur Huilessentielles.info ne peut se substituer à l'avis d’un médecin ou pharmacien, seul à pouvoir établir un diagnostic et proposer un traitement.